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Un livre d’histoire à consulter ou télécharger en PDF:

Histoire et Description Générale de la Nouvelle-France – 1744

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Téléchargement de l’ouvrage en PDF: Lien ci-dessous:

Histoire Générale de la Nouvelle-France, 1744

    Ce que je veux vous présenter, c’est la description faite du fameux tremblement de terre du 5 février 1663 ayant eu lieu dans tout le nord-est américain, mais particulièrement pour la description qu’on en fait à Québec et sur tout le fleuve St-Laurent. Comme vous le savez, le passé est garant de l’avenir, et il se passe que Mme Coulombe a eu la claire vision de ce qui allait arriver à Québec et sur le fleuve St-Laurent dont elle m’a déjà dit de me méfier… Le long fleuve tranquille ne sera pas toujours tranquille. Voir la page du récit de la vision du 13 octobre 1991 avec Jésus dans une grande barque sur le fleuve St-Laurent face à Québec. Voir dans la page des Messages , ou voir dans les onglets en haut de page. 

    Brève description de la vision de Mme Coulombe du 1991-10-13: Très fort tremblement de terre en pleine nuit, nuit d’été, surtout pas en hiver, parce que pas de glace sur le fleuve dans sa vision ; le fond du fleuve qui se soulève brusquement au point d’en voir le fond à sec, particulièrement face au Cap Diamant et fait précipiter une énorme masse d’eau, une vague d’une trentaine de mètres dans la basse ville de Québec en détruisant tout. Ces choses-là sont donc clairement possible à Québec quand on prend le temps de bien lire tout ce qui s’est passé sur le fleuve en 1663. Suite à la dernière glaciation il y a plusieurs milliers d’années, les terres n’étaient plus écrasées sous les glaciers, mais elles étaient toujours profondément enfoncées, ce qui forma la Mer de Champlain dans le sud du Québec.

Mer de Champlain

    Sauf que depuis, les terres étant libérées du poids des glaciers, rebondissent périodiquement avec de forts tremblements de terre, pour ainsi et progressivement retrouver l’aspect d’avant la glaciation, et de toute évidence, le rebondissement des terres n’est pas terminé. Les rebondissements sont probablement plus espacés qu’au temps de la mer de Champlain qui n’a pas disparu du jour au lendemain… La géologie du Québec a été assez tranquille depuis les 350 dernières années, mais quand même, tout n’est pas terminé… Le Ciel a averti en 1663 avant que les tremblements de terre ne commencent, puis en 1991, le Ciel nous averti à nouveau, même assez longtemps d’avance de ce qui s’en vient… À l’époque, il n’y avait pas de ville comme on le voit aujourd’hui…

Voir ci-dessous les pages 362 à 369.

C’est du vieux français, mais on s’habitue. La lettre ‘S’ au début des mots c’est visiblement la lettre ‘f’. Pourtant la lettre ‘s’ est aussi présente dans les mots. Pourquoi cette différence ? On regarde alors les mots autour pour être plus certain de ce qu’on vient de lire. Puis il y a les mots, surtout des verbes dont le ‘o’ doit être remplacé par un ‘a’ : étoit = était, paroît = paraît.

Note: Les pages ci-dessous, p. 362 à 369, sont toutes transcrites au clavier plus bas à la suite de ces pages extraites du livre numérisé. Mais lire du vieux français, ça demeure toujours un bon exercice de lecture !

Cliquez sur les pages pour grossir et ainsi mieux lire.

 

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Ci-dessous, la transcription au clavier des pages 362 à 369 présentées ici.


 

362  HISTOIRE  GENERALE  (1663)

 

L’évêque de Petrée emporte ses plaintes au roi.

    Alors le saint évêque de Petrée voyant son zèle inutile et son autorité méprisée, prit le parti d’aller porter ses plaintes au pied du trône, et passa en France. Il fut écouté, et il obtint du roi tous les ordres qu’il jugea nécessaires pour faire cesser le commerce scandaleux qui faisait tant de ravages dans son troupeau; mais le Ciel les avait déjà prévenus, et par un de ces évènements qui répandent la terreur dans les âmes les plus libertines, on avait déjà eu la consolation dans la Nouvelle France de voir rentrer dans le devoir la plus grande partie de ceux qui s’en étaient écartés.

    Le fait, que je vais rapporter est si extraordinaire, que je n’aurais point balancé à le supprimer, ou à passer légèrement dessus, si le témoignage unanime et constant de toute une colonie au milieu de laquelle il est arrivé, et les prodigieux effets qu’il a causés, dont quelques-uns subsistent encore, ne lui avaient acquis une notoriété qui le met à l’abri du plus effronté pyrrhonisme. Ce n’est pas que je prétende en garantir toutes les circonstances dont on a rempli certaines relations; il n’y a rien, où l’on se permette plus l’exagération, que le merveilleux qui est bien constaté.

 

363  DE LA NOUVELLE FRANCE.  (1663)

Je me bornerai donc aux mémoires les plus sûrs, et où je n’ai rien remarqué qui ne fût autorisé par une tradition dont j’ai connu plusieurs témoins au-dessus de tout reproche.

 

Phénomènes surprenants

    Pendant l’automne de 1662, peu de jours après le départ de M. de Petrée, on vit voler dans l’air quantité de feux sous différentes figures, toutes assez bizarres. Sur Québec et sur Montréal, il parut une nuit un globe de feu qui jetait un grand éclat, avec cette différence qu’à Montréal, il semblait s’être détaché de la Lune, qu’il fût accompagné d’un bruit semblable à celui d’une volée de canons, et qu’après s’être promené dans l’air l’espace d’environ trois lieues, il alla se perdre derrière la montagne d’où l’île a pris son nom; au lieu qu’à Québec, il ne fit que passer et n’eut rien de particulier.

    Note: Excellente description du passage d’un météore dans le ciel dans le sud du Québec, allant d’Est en Ouest. Lorsque le météore traverse l’atmosphère, s’il est assez gros, fait un bang supersonique. À juste titre, l’observateur parle d’une volée de canons. C’est ce qui a été filmé le 15 février 2013 à Chelyabinsk, en Russie. Voir vidéo.  C’était seulement quelques jours après la démission du pape Benoît XVI. Le meilleur bout est à la 10′ minute où l’on entend une multitude de fortes détonations, exactement comme la volée de canons évoquée.

 

    Le septième de Janvier de l’année suivante, une vapeur presque imperceptible s’éleva du fleuve, et frappée des premiers rayons du Soleil, devint transparente, de sorte néanmoins qu’elle avait assez de corps pour soutenir deux parélies, qui parurent aux deux côtés de cet astre. Ainsi l’on vit en même temps comme trois Soleils, rangés sur une ligne parallèle à l’horizon, éloignés les uns des autres en apparence de quelques toises, et chacun avec son iris, dont les couleurs variant à chaque instant, tantôt étaient semblables à celles de l’Arc-en-Ciel, & tantôt d’un blanc lumineux, comme s’il y avait eu derrière un grand feu. Ce spectacle dura deux heures entières, il recommença le quatorze; mais ce jour-là il fut moins sensible.

Parélie

Note: Exemple d’une parélie, ou parhélie, par temps très froid. Effet d’optique du soleil à travers de fines particules de glace. Le phénomène varie en intensité et en grandeur selon la distance et l’altitude. Image extraite d’un vidéo amateur. Voir Astronomy Picture of the Day Calendar, voir 1′ janvier 2018.

 

Prédiction d’un Tremblement de Terre.

    Ce que je vais ajouter n’a pas été aussi public, et chacun en croira ce qu’il jugera à propos; mais je dois faire observer qu’il ne s’agit point de prédictions faites après coup, que celles qu’on va voir, ont été connues avant l’évènement; que cet évènement, à en juger par l’effet qu’il produisit, a tout l’air d’un avertissement du Ciel, et que la conduite ordinaire de la Providence en pareilles occasions, est de faire avertir les coupables que la Justice divine est prête à lancer la foudre; ainsi le Seigneur en usa-t-il à l’égard des Ninivites qui parèrent le coup dont ils étaient menacés, par une pénitence exemplaire, et il y a peut-être ici quelque chose encore de plus marqué, comme nous le verrons bientôt.

    Quoiqu’il en soit, au commencement de février de la même année, il se répandit un bruit sourd qu’il y aurait bientôt un Tremblement de Terre, dont on n’avait point d’exemple dans l’histoire, et ce bruit était fondé sur les discours d’une

 

364  HISTOIRE  GENERALE  (1663)

personne éminente en piété qui s’en était ouverte à un petit nombre de ses amis, et qui se donnait de grands mouvements pour engager tout le monde à se bien mettre avec Dieu, et à travailler de tout son pouvoir à calmer le courroux du Ciel justement irrité contre la Nouvelle France.

    Le troisième du même mois, une algonquine fervente chrétienne étant la nuit dans sa cabane, éveillée et assise sur son lit, crut entendre une voix, qui disait que dans deux jours il arriverait des choses inouïes, et le lendemain, comme elle était dans la Forêt avec sa sœur, faisant sa provision de bois, elle entendit encore très distinctement la même voix qui lui dit que le jour suivant entre cinq et six heures du soir la Terre tremblerait d’une manière terrible. Sa sœur n’entendit point la voix, et ne s’aperçut de rien.

    Une jeune fille de la même nation, qui menait une vie toute angélique, et à qui sa piété et sa confiance en la vertu de la Croix du Sauveur, avaient mérité la guérison subite d’une maladie jugée incurable par les Médecins, crut voir en songe la nuit du quatre au cinq la Mère de Dieu qui lui marquait l’heure et toutes les circonstances de ce tremblement. Le soir du cinq, très peu de temps avant qu’il commençât, elle parut comme hors d’elle-même, et se mit à crier de toute sa force par deux fois; Ce sera bientôt, ce qui jeta tous ceux qui l’entendirent, dans un grand saisissement.

    Enfin le même jour, la Mère Marie de l’Incarnation, cette illustre fondatrice des Ursulines de la Nouvelle France, dont les ouvrages si généralement estimés, font voir qu’elle n’était rien moins qu’un esprit faible, après avoir reçu du Ciel plusieurs avis de ce qui devait arriver, et dont elle avait fait part au P. Lallemant, son Directeur, étant sur les cinq heures & demie du soir en oraison (a), crut voir le Seigneur irrité contre le Canada, et se sentit en même temps portée par une force supérieure à lui demander justice des crimes qui s’y commettaient. Tout ce qu’elle put faire pour adoucir la rigueur de cet ordre, en s’y soumettant, ce fut d’ajouter de ferventes prières pour obtenir du Ciel que les âmes ne périssent point avec les corps.

    (a) Elle raconte tout ceci dans ses lettres en tierce personne; mais on a tout lieu de croire que c’était d’elle-même qu’elle parlait.

 

    Un moment après, elle se sentit comme assurée que la vengeance divine allait commencer à éclater, et que le mépris,

 

365  DE LA NOUVELLE FRANCE.  (1663)

que l’on faisait des ordonnances de l’Église, était surtout ce qui allumait la colère divine. Elle aperçut presque aussitôt quatre démons aux quatre extrémités de la Ville de Québec, qui agitaient la Terre avec une extrême violence, et une Personne d’un port majestueux, qui de temps en temps lâchait la bride à leur fureur, puis la retirait. Dans le même instant, le Ciel étant fort serein, on entendit dans toute la Ville un bruit semblable à celui, que fait un très grand feu; ce qui obligea tout le monde à sortir des maisons.

 

Il commence : ses effets.

    Alors on fut extrêmement surpris de voir que tous les édifices étaient secoués avec tant de violence, que les toits touchaient presque à terre, tantôt d’un côté, et tantôt de l’autre; que les portes s’ouvraient d’elles-mêmes et se refermaient avec un très grand fracas; que toutes les cloches sonnaient, quoiqu’on n’y touchât point; que les pieux des palissades ne faisaient que sautiller; que les murs se fendaient; que les planchers se détachaient, et s’écroulaient; que les animaux poussaient des cris et des hurlements effroyables; que la surface de la Terre avait un mouvement presque semblable à celui d’une mer agitée; que les arbres s’entre lassaient les uns dans les autres, et que plusieurs se déracinaient et allaient tomber assez loin.

    On entendit ensuite des bruits de toutes les sortes; tantôt c’était celui d’une mer en fureur, qui franchit ses bornes; tantôt celui que pourraient faire un grand nombre de carrosses, qui rouleraient sur le pavé; et tantôt le même éclat que feraient des montagnes de rochers et de marbre, qui viendraient à s’ouvrir et à se briser. Une poussière épaisse qui s’éleva en même temps, fut prise pour une fumée, et fit craindre un embrasement universel: Enfin, quelques-uns s’imaginèrent avoir entendu des cris de sauvages, et se persuadaient que les Iroquois venaient fondre de toutes parts sur la colonie.

    L’effroi était si grand et si général, que non seulement les hommes, mais les animaux mêmes paraissaient comme frappés de la foudre; on n’entendait partout que cris et que lamentations; on courait de tous côtés sans savoir où l’on voulait aller; et quelque part qu’on allât, on rencontrait ce que l’on fuyait. Les campagnes n’offraient que des précipices, et l’on s’attendait à tous moments à en voir ouvrir de nouveaux sous ses pieds. Des montagnes entières se

 

366  HISTOIRE GENERALE (1663)

déracinèrent, et allèrent se placer ailleurs; quelques-unes se trouvèrent au milieu des Rivières, dont elles arrêtèrent le cours : d’autres s’abîmèrent si profondément, qu’on ne voyait pas même la cime des arbres, dont elles étaient couvertes.

    Il y eut des arbres, qui s’élancèrent en l’air avec autant de raideur, que si une mine eût joué sous leurs racines; et on en trouva qui s’étaient replantés par la tête. On ne se croyait pas plus en sûreté sur l’eau, que sur la terre; les glaces, qui couvraient le fleuve Saint-Laurent et les rivières, se fracassèrent en s’entre choquant; de gros glaçons furent lancés en l’air, et de l’endroit, qu’ils avaient quitté, on vit jaillir quantité de sable et de limon. Plusieurs fontaines, et de petites rivières furent desséchées; en d’autres, les eaux se trouvèrent ensoufrées; il y en eut dont on ne put même distinguer le lit où elles avaient coulé.

    Ici les eaux devenaient rouges, là elles paraissaient jaunes; celles du fleuve furent toutes blanches depuis Québec jusqu’à Tadoussac, c’est-à-dire l’espace de trente lieues. L’air eut aussi ses phénomènes. On y entendait un bourdonnement continuel; on y voyait, ou l’on s’y figurait des spectres et des fantômes de feu portant en main des flambeaux. Il y paraissait des flammes qui prenaient toutes sortes de figures, les unes de piques, les autres de lances, et des brandons allumés tombaient sur les toits sans y mettre le feu. De temps en temps, des voix plaintives augmentaient la terreur. Des marsouins, ou des vaches marines furent entendues mugir devant les Trois-Rivières, où jamais aucun de ces poissons n’avaient paru; et ces mugissements n’avaient rien de semblable à ceux d’aucun animal connu.

    En un mot, dans toute l’étendue de trois cents lieues de l’Orient à l’Occident, et de plus de cent cinquante du Midi au Septentrion, la Terre, les fleuves & les rivages de la mer furent assez longtemps, mais par intervalles dans cette agitation, que le Prophète Roy nous représente lorsqu’il nous raconte les merveilles qui accompagnèrent la sortie d’Égypte du Peuple de Dieu. Les effets de ce Tremblement furent variés à l’infini; et jamais peut-être on n’eut plus de sujet de croire que la nature se détruisait, et que le monde allait finir.

    La première secousse dura une demi-heure, sans presque discontinuer; mais au bout d’un quart d’heure elle

 

367  DE LA NOUVELLE FRANCE.  (1663)

commença à se ralentir. Le même jour sur les huit heures du soir, il y en eut une seconde aussi violente que la première; et dans l’espace d’une demi-heure, il y en eut deux autres. Quelques-uns en comptèrent la nuit suivante jusqu’à trente-deux, dont plusieurs furent très fortes. Peut-être que l’horreur de la nuit, et le trouble où l’on était, les firent multiplier, et paraître plus considérables qu’elles ne l’étaient. Dans les intervalles mêmes de ces secousses, on était sur terre comme dans un vaisseau qui est à l’ancre; ce qui pouvait encore être l’effet d’une imagination effrayée. Ce qui est certain, c’est que bien des personnes ressentirent ces soulèvements de cœur et d’estomac, et ces tournoiements de tête qu’on éprouve sur mer, quand on n’est pas accoutumé à cet élément.

    Le lendemain sixième, vers les trois heures du matin, il y eut une rude secousse qui dura longtemps. À Tadoussac, il plut de la cendre pendant six heures. Dans un autre endroit, des sauvages qui étaient sortis de leurs cabanes au commencement de ces agitations, ayant voulu y rentrer, trouvèrent à la place une grande marre d’eau. À moitié chemin de Tadoussac à Québec, deux montagnes s’aplatirent, et des terres, qui s’en étaient éboulées, il se forma une pointe qui avançait un demi quart de lieue dans le fleuve. Deux français qui venaient de Gaspé dans une chaloupe, ne s’aperçurent de rien jusqu’à ce qu’ils fussent vis-à-vis du Saguenay; mais alors, quoiqu’il ne fit point de vent, leur Chaloupe commença d’être aussi agitée, que si elle eût été sur la mer la plus orageuse.

    Ne pouvant comprendre d’où pouvait venir une chose si singulière, ils jetèrent les yeux du côté de la terre, et ils aperçurent une montagne, qui selon l’expression du prophète, bondissait comme un bélier, puis tournoya quelque temps, agitée d’un mouvement de tourbillon, s’abaissa ensuite, et disparut entièrement. Un navire qui suivait cette chaloupe, ne fut pas moins tourmenté; les matelots les plus assurés ne pouvaient y rester debout sans se tenir à quelque chose, comme il arrive dans les plus grands roulis; et le Capitaine ayant fait jeter un ancre, le câble cassa.

    Assez près de Québec, un feu d’une bonne lieue d’étendue parut en plein jour venant du Nord, traversa le fleuve,

 

368  HISTOIRE GENERALE (1663)

et alla disparaître sur l’Ile d’Orléans. Vis-à-vis du Cap Tourmente, il y eut de si grandes avalaisons d’eaux sauvages qui coulaient du haut des montagnes, que tout ce qu’elles rencontrèrent fut emporté. Là-même, et au dessus de Québec, le fleuve se détourna, une partie de son lit demeura à sec; et ses bords les plus élevés s’affaissèrent en quelques endroits jusqu’au niveau de l’eau, qui resta plus de trois mois fort boueuse, et de couleur de souffre.

    La Nouvelle Angleterre & la Nouvelle Belgique ne furent guères plus épargnées que le pays français; et dans toute cette vaste étendue de terre et de rivières, hors le temps des grandes secousses, on sentait comme un mouvement de pouls intermittent, avec des redoublements inégaux, qui commençaient partout à la même heure. Les secousses étaient tantôt précipitées par élancement; tantôt ce n’était qu’une espèce de balancement, plus ou moins fort: quelquefois elles étaient fort brusques, d’autres fois elles croissaient par degrés; et aucune ne finissait sans avoir produit quelque effet sensible. Où l’on avait vu un rapide, on voyait la rivière couler tranquillement et sans embarras; ailleurs, c’était tout le contraire; des rochers étaient venus se placer au milieu d’une rivière, dont le cours paisible n’était auparavant retardé par aucun obstacle. Un homme marchant dans la campagne apercevait tout à coup la terre qui s’entre ouvrait auprès de lui; il fuyait, et les crevasses semblaient le suivre. L’agitation était ordinairement moindre sur les montagnes, mais on y entendait sans cesse un grand tintamarre.

 

Personne ne périt, et tous se convertissent.

    La Merveille fut, que dans un si étrange bouleversement, et qui dura plus de six mois, personne ne périt. Dieu voulait sans doute convertir les pécheurs, et non pas les perdre. Aussi vit-on partout de grandes conversions. Tous firent des revues générales de leur conscience, et plusieurs les firent les larmes aux yeux, et la componction (contrition) dans le cœur. Des pécheurs scandaleux déclaraient publiquement les abominations de leur vie passée; les ennemis se reconcilièrent; les mauvais commerces cessèrent; et pendant quelques temps, il ne fut plus question de cet odieux trafic qui avait été la première source de tout le mal. Les jeûnes, les aumônes, les pèlerinages, la fréquentation des Sacrements; rien ne fut oublié pour désarmer la colère du Ciel, qui se laissa enfin fléchir.

 

369  DE LA NOUVELLE FRANCE. (1663)

    Mais, quoique la terre eût recouvré sa première tranquillité, on ne se croyait pas encore au bout de tous ses maux. Plusieurs craignaient que les feux souterrains qui avaient causé de si grandes secousses, n’eussent brûlé la terre, et ne l’eussent mis pour longtemps hors d’état de rien produire, outre qu’après les semences faites, il y avait eu des pluies si abondantes, qu’on avait sujet d’appréhender que les grains ne fussent pourris; mais on fut agréablement trompé, et la récolte fut abondante.

    On s’était encore attendu que tant de terres remuées, de si grandes révolutions dans les eaux, et tant d’exhalaisons dans l’air causeraient des maladies dangereuses; cependant il n’y eut jamais moins de malades. Peu à peu le pays reprit sa première forme dans les endroits, où pour la rétablir, il n’eût pas fallu un second Tremblement semblable au premier; car les montagnes restèrent, où elles avaient été transportées; quelques rivières ne retournèrent point dans leur ancien lit; et parmi les îles qui s’étaient nouvellement formées, quelques unes subsistèrent, et s’accrurent même avec le temps par le moyen du limon qui s’y attacha, et des arbres, qui s’y arrêtèrent; mais les autres se dissipèrent bien tôt par la force du courant.

    J’ai remarqué dans mon journal, que l’île aux Coudres, qui est à moitié chemin de Tadoussac à Québec, devint alors beaucoup plus grande, qu’elle n’était auparavant; mais il n’est point vrai, comme quelques uns l’ont avancé, qu’elle ait été formée en entier par une montagne qui sauta dans le fleuve, et à la place de laquelle parut pour la première fois le gouffre qui rend ce passage si dangereux : car il est certain que ce fut Jacques Cartier, qui donna à cette île le nom qu’elle porte. Pour ce qui est du gouffre, comme il n’en est parlé, ni dans les mémoires de ce voyageur, ni dans ceux de M. de Champlain, et que l’un et l’autre ne font mention que d’un grand courant dans ce canal, il peut bien avoir été, du moins en partie, un effet du Tremblement de Terre.

    On conçoit aisément, que tandis que tous les éléments étaient dans l’agitation, que nous venons de voir, les iroquois ne songèrent pas beaucoup à la guerre : il en parut néanmoins quelques uns du côté de Montréal; mais ils n’y firent rien de considérable : ils furent mêmes battus en quelques

 

 

370  HISTOIRE GENERALE (1663)

petites rencontres. D’ailleurs, les Agniers et les Onneyouths reçurent un assez grand échec de la part des Sauteurs, et les trois autres cantons étaient de nouveau embarrassés à se fendre contre les Andastes. Enfin, la petite vérole se mit dans presque toutes leurs bourgades, et y fit de grands ravages. Aussi se trouvèrent-ils plus que jamais disposés à bien vivre avec nous; les Onnontagués demandèrent même que les français vinssent reprendre leur ancien établissement dans leur canton, et ils s’offrirent d’envoyer à Québec autant qu’on voudrait de leurs filles, pour y être élevées chez les Ursulines, et pour y servir d’otages.

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Autres extraits en rapport avec le tremblement de terre de 1663, les années suivantes…

 

389  DE LA NOUVELLE FRANCE.  (1667)

En quel état elle se trouvait alors parmi les sauvages et les français.

Le relâchement gagna les néophytes, mais il fit d’abord des progrès assez insensibles. Plusieurs bourgades sauvages se soutinrent même dans leur première ferveur tant qu’elles subsistèrent; mais les maladies en ayant bientôt dépeuplé quelques unes; d’autres s’étant dissipées, sans qu’on en ait jamais bien pu savoir la cause, on ne fit rien pour les rétablir. Parmi les français au temps dont je parle, la piété s’était si bien affermie depuis le Tremblement de Terre, dont on ressentit encore en 1665 quelques secousses, accompagnées de ces météores, qui effraient toujours la multitude, quelques naturels qu’ils soient, qu’elle causa de l’admiration à ceux, qui arrivèrent de France les années suivantes.

 

391  DE LA NOUVELLE FRANCE.  (1667)

dans la baie St-Paul, où ce mineur découvrit une mine qui lui parut très abondante; il espéra même d’y trouver du cuivre, et peut-être de l’argent. Dans le journal qu’il fit de son voyage, il remarqua que partout, où il travailla, la terre était encore renversée par le Tremblement de Terre de 1663.

 

400  HISTOIRE GENERALE 1668)

Comète; Tremblement de Terre, Maladies.

    Au mois d’avril de cette même année, il parut à Québec une nouvelle comète; elle était en forme de lance, de couleur rougeâtre, fort enflammée & fort longue; une de ses extrémités était cachée sous l’horizon; elle suivait le Soleil couchant, et disparaissait dès que la Lune était levée. Le peuple crut qu’elle lui avait annoncé quelques secousses de tremblement de terre, qui se firent sentir quelques temps après, et des maladies qui coururent l’automne suivant. On ne borna point là ses craintes, comme il arrive à la multitude, quand une fois elle est intimidée, et on craignit beaucoup pour la récolte; mais aucune influence maligne n’approcha des campagnes, et la moisson fut des plus abondantes.

 

Textes complémentaires sur le site suivant:

Patrimoine, Histoire & Multimédia.

Extrait:

    Pierre du Bois d’Avaugour, gouverneur de la Nouvelle-France entre 1661 et 1663, écrit: « Nous avons eu un tremblement de terre qui a duré près d’un demi quart d’heure, assez fort pour nous engager à un bon acte de contrition. Il a continué de temps en temps durant neuf jours et a paru jusqu’au dernier du mois mais toujours en diminuant. »

Note: Le lien pour obtenir le texte en PDF sur ce site ne fonctionne plus. J’ai récupéré le texte en le faisant ouvrir dans une autre fenêtre.

Le voici à nouveau, un PDF de 14 pages publié en 1982: 

Revue d’histoire de l’Amérique française

Tremblement de terre de 1663

Et cet autre récit en PDF:

Jacques Archambault et sa famille, témoins du tremblement de terre de 1663

 

Note: Le texte descriptif le plus élaboré de l’évènement vient du livre sur l’Histoire de la Nouvelle France. Les autres sources décrivent plus brièvement.

 

                     Fin de la couverture du sujet.

 


 

Des religieuses du Québec miraculées à Nagasaki en 1945. Sœur Marie-Anna Bérubé encore vivante en 1992 et 1995 témoigne de ce qu’elle a vécu, dans deux articles distincts. Avec les références, il est toujours possible de retrouver ces articles dans les archives du journal.  

Note: J’ai retrouvé dans les avis de décès une sœur Marie-Anna Bérubé décédée le 24 avril 2017, à l’âge de 107 ans! Si c’est bien elle, ce n’est pas la bombe de Nagasaki qui l’a fait mourir prématurément… Elles auraient eu potentiellement le même âge en même temps! J’ignore si c’est la même religieuse, avec le même nom, seule la photo me fait douter un peu, mais c’est toujours possible. Elles sont natives dans un cas, de Amqui  dans la vallée de la Matapédia au Québec, ou pour l’autre, de St-Donat au sud de Ste-Luce-sur-Mer, près de Rimouski. Quelqu’un peut être natif d’un endroit et déménager après dans un village voisin. On sait jamais, tout est possible.

Voir l’avis de décès: Cliquez ici

Nagasaki - Sr Marie-Anna Bérubé - 1b

Nagasaki - Sr Marie-Anna Bérubé-2b

Nagasaki - Sr Marie-Anna Bérubé-3b

La feuille du texte était endommagée. J’ai reconstruit le texte à gauche selon ce qui était le plus probable, et selon les info que j’avais déjà.

Voir un article similaire sur des religieux miraculés de Hiroshima, le 6 août 1945.  Cliquez ici

 


 

publié 11 juin 2017 par missiondesainteanne

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